Sonde d'analyse de gaz insérée dans le pot d'échappement d'une moto lors d'un contrôle technique.

Contrôle technique moto : tout savoir sur le test de pollution

Le nouveau contrôle technique pour les deux-roues (catégorie L) est en place, et avec lui, son lot d’inquiétudes. Le point qui cristallise le plus de craintes est le test de pollution (contrôle des émissions). Ma moto va-t-elle être recalée à cause de son pot adaptable ? Comment se déroule ce test ? Voici tout ce qu’il faut savoir pour vous y préparer.

Les infos à retenir

  • Qui est concerné ? Le test de pollution (mesure du CO) concerne tous les véhicules L mis en circulation après le 1er juin 1999 (norme Euro 1 et suivantes).
  • Qui est exempté ? Les motos et scooters d’avant le 01/06/1999 (et donc les cartes grises « collection ») sont exemptés du test de pollution (mais pas des autres points du CT).
  • 🔥 Le risque N°1 : le pot non homologué. C’est la cause de recalage N°1. Un pot adaptable sans catalyseur ou « déchicané » fera échouer le test à coup sûr sur une moto récente.
  • 🔧 Comment ça marche ? Le test est une mesure du monoxyde de carbone (CO) au ralenti. Ce n’est pas un test en charge (le moteur ne monte pas dans les tours).

Quelles motos vont réellement subir le test de pollution ?

C’est la première chose à vérifier. La règle est basée sur la date de première immatriculation et la norme Euro correspondante.
Motos d’avant le 1er juin 1999 : Elles sont considérées comme trop anciennes. Elles passent le contrôle technique (bruit, sécurité…), mais sont totalement exemptées du test de pollution.
Motos d’après le 1er juin 1999 (Euro 1, 2, 3…) : Elles sont toutes soumises au contrôle des émissions de monoxyde de carbone (CO) au ralenti.
Motos 2 temps : Les moteurs 2 temps (après 1999) sont également contrôlés, mais avec des seuils de tolérance beaucoup plus élevés et adaptés à leur technologie.

Comment se déroule le contrôle antipollution ?

L’opération est simple et rapide. Le contrôleur s’assure d’abord que le moteur est à sa température normale de fonctionnement (il doit être chaud). Il insère ensuite une sonde de mesure dans la sortie d’échappement. Le moteur tourne au régime de ralenti (et au ralenti accéléré pour les normes Euro 4 et 5). L’analyseur de gaz mesure le taux de monoxyde de carbone (CO) en pourcentage. Ce taux est comparé à la valeur de référence constructeur ou à la valeur légale maximale autorisée pour la norme Euro de votre moto. Si le taux est inférieur, le test est réussi.


Quelles sont les causes de recalage (contre-visite) ?

L’échec du test n’est pas une fatalité et provient de causes bien identifiées.

La cause N°1 : L’échappement non-conforme

C’est le point critique. Si vous avez remplacé votre pot d’origine par un pot adaptable non homologué, qui supprime le catalyseur, l’échec est garanti à 100%. Le catalyseur est la pièce qui traite le CO. Sans lui, les émissions sont 10 à 50 fois supérieures à la norme. De même, un pot « déchicané » (chicane retirée) sera refusé.

La cause N°2 : Un problème de carburation ou d’injection

Si votre moto est à carburateur et qu’elle est mal réglée (vis de richesse), elle peut tourner « trop riche » et émettre trop de CO. Sur un modèle à injection, une sonde lambda défectueuse ou un filtre à air très encrassé peuvent provoquer le même symptôme.

Comment préparer sa moto pour réussir le test ?

La préparation est simple :
1. Remontez le pot d’échappement d’origine ! C’est la seule garantie de succès. Si vous l’avez vendu, assurez-vous que votre pot adaptable est bien homologué (avec catalyseur) et que la chicane est en place.
2. Faites chauffer le moteur : Arrivez au centre de contrôle avec un moteur bien chaud. Roulez au moins 15-20 minutes avant. Un catalyseur n’est efficace qu’à partir de 300-400°C.
3. Vérifiez votre filtre à air : Un filtre à air sale enrichit le mélange et augmente le CO. Assurez-vous qu’il est propre.

L’avis du contrôleur technique moto

« Le point de pollution, c’est ce qui stresse tout le monde. Honnêtement, une moto d’origine, bien entretenue et bien chaude, elle passe sans aucun problème. C’est une formalité. Les seules motos que je recale, ce sont les ‘Full Barouf’ : les sportives avec ligne complète sans catalyseur et les Harley avec des pots ‘drag pipes’. Là, la machine s’affole, les taux de CO explosent, et c’est la contre-visite directe. Ce CT pollution, il ne cible pas le motard, il cible les modifications illégales. »


Un test ciblé contre les modifications

Le test de pollution du contrôle technique moto n’est donc pas conçu pour pénaliser les vieilles machines, mais pour s’assurer que les véhicules en circulation respectent les normes pour lesquelles ils ont été homologués. En vous présentant avec une moto en configuration d’origine (surtout l’échappement) et bien entretenue, vous passerez cette étape sans aucune difficulté.


Foire Aux Questions (FAQ)

🤔 Ma moto est de 2005 (Euro 2), les normes sont-elles plus dures que pour une Euro 5 ?

Non, au contraire. La machine du contrôleur s’adapte à la norme de votre véhicule. Une moto Euro 2 a le droit d’émettre un taux de CO bien plus élevé (ex: 4,5%) qu’une moto Euro 5 (ex: 1%). Le test est proportionné à l’âge de la moto.

💨 Mon 2 temps (type 50cc débridé) va-t-il passer ?

S’il est d’après 1999, il sera testé. Les 2 temps ont des seuils de CO plus élevés. Cependant, un 50cc débridé avec un pot de détente « racing » (non homologué) a de très fortes chances d’échouer au test de bruit et au test de pollution. Il doit être présenté en configuration d’origine 45 km/h.

🔧 Une reprogrammation moteur peut-elle faire échouer le test ?

Oui. Si la reprogrammation a consisté à enrichir le mélange pour gagner en performance (ou à supprimer l’action de la sonde lambda), elle va augmenter le taux de CO et peut vous mettre hors des clous. C’est un risque.

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