C’est l’angoisse absolue : votre permis vient d’être suspendu (pour alcool, vitesse ou stupéfiants), et vous devez aller travailler lundi. La question n’est pas seulement logistique (« comment j’y vais ? »), elle est aussi contractuelle : dois-je le dire à mon patron ? Quel document fournir ? Puis-je être licencié pour ça ? La réponse dépend totalement de votre métier et de l’usage du véhicule stipulé dans votre contrat de travail. Entre obligation de loyauté et protection de la vie privée, voici les règles à connaître pour sauver votre poste.
Les infos à retenir
- 🤫 Vie privée vs Vie pro : Si le retrait de permis a eu lieu hors temps de travail et que vous n’avez pas besoin de conduire pour votre emploi, vous n’êtes pas obligé de le dire.
- 🚚 Obligation de prévenir : Si la conduite est inhérente à votre poste (chauffeur, commercial, ambulancier), vous devez prévenir votre employeur immédiatement. Cacher le retrait est une faute grave.
- 📄 Le justificatif : La « Référence 3F » ou la notification de l’arrêté préfectoral sont les seuls documents officiels à transmettre. Évitez de donner le procès-verbal avec les détails médicaux.
- ⚖️ Licenciement : Le retrait de permis n’est pas une cause de licenciement automatique, sauf s’il empêche l’exécution du contrat de travail (trouble objectif).
Faut-il prévenir son employeur ? La distinction clé
Tout dépend de votre contrat de travail.
Cas 1 : Vous utilisez votre véhicule pour venir travailler (Trajet Domicile-Travail)
Si vous êtes comptable, ouvrier posté ou vendeur en boutique, et que vous utilisez votre voiture uniquement pour venir au bureau, la suspension relève de votre vie privée.
Tant que vous arrivez à l’heure au travail (en bus, covoiturage, vélo), votre employeur n’a pas à savoir que vous n’avez plus de permis. Vous n’avez aucun justificatif à lui fournir.
Cas 2 : La conduite est au cœur de votre métier
Si vous êtes routier, commercial itinérant, ou si votre contrat stipule qu’un véhicule de fonction est votre outil de travail, vous avez une obligation de loyauté.
Vous devez informer votre employeur sans délai. Si vous conduisez sans permis un véhicule de l’entreprise et que vous avez un accident, l’assurance ne couvrira rien et vous serez personnellement responsable, en plus d’être licencié pour faute lourde (mise en danger de l’entreprise).
Quel document fournir comme justificatif ?
Si vous devez informer votre employeur, faites-le par écrit (mail ou recommandé) pour prouver votre bonne foi.
Le document à joindre est la Notification de la suspension administrative (l’arrêté du Préfet) ou judiciaire.
Attention : Vous n’êtes pas obligé de fournir le détail de l’infraction (taux d’alcool exact, circonstances). L’employeur a juste besoin de connaître la durée de la suspension (ex: 3 mois) pour organiser le service.
Le formulaire officiel remis par les forces de l’ordre (souvent l’avis de rétention ou la référence 3F) suffit à prouver que vous ne pouvez plus conduire légalement.

Le risque de licenciement : Cause réelle et sérieuse ?
La suspension de permis en elle-même n’est pas une faute professionnelle si l’infraction a été commise dans la vie privée (le week-end par exemple).
Cependant, l’employeur peut vous licencier pour « trouble objectif au fonctionnement de l’entreprise ».
- Si vous êtes chauffeur routier et que vous ne pouvez pas conduire pendant 6 mois, l’entreprise ne peut pas vous garder à ne rien faire. Le licenciement est possible, non pas pour faute, mais pour incapacité à tenir le poste.
- Si la suspension est courte (1 ou 2 mois), l’employeur peut (sans obligation) vous proposer de poser des congés payés ou des RTT pour couvrir la période.
- Il peut aussi vous affecter temporairement à un poste sédentaire (administratif, manutention), mais cela nécessite votre accord (avenant au contrat).
L’avis de l’expert : Avocat en droit du travail
« Ne mentez jamais si votre poste dépend du permis. Si vous cachez la suspension et que votre employeur le découvre, la rupture de confiance justifie une faute grave, privative d’indemnités. Mieux vaut jouer la transparence : ‘J’ai fait une erreur dans ma vie privée, je suis suspendu 3 mois, comment peut-on s’organiser ?’. De nombreux employeurs préfèrent aménager le poste d’un bon élément plutôt que de recruter et former quelqu’un d’autre. »
Gérer la crise avec transparence
La suspension de permis est une épreuve, mais elle ne signifie pas la fin de votre carrière. La clé est l’anticipation. Si vous devez conduire pour travailler, prévenez les RH dès le lendemain de l’infraction avec le justificatif administratif en main. Proposez des solutions (télétravail, binôme, changement de poste temporaire). Montrer que vous êtes responsable malgré l’erreur commise est votre meilleure défense pour conserver votre emploi.
Foire Aux Questions (FAQ)
🏖️ Puis-je poser des congés pour cacher la suspension ?
Oui, si votre employeur accepte vos dates. C’est une excellente stratégie pour les suspensions courtes (moins d’un mois). Vous « absorbez » la sanction pendant vos vacances sans que cela n’impacte l’entreprise.
🤐 Mon employeur peut-il vérifier mes points ?
Non. Le solde de points est une donnée confidentielle. Votre employeur ne peut pas consulter Télépoints. Il peut seulement vous demander une attestation de validité du permis si le contrat le prévoit.
🚑 Qu’est-ce que le « permis blanc » pour le travail ?
Attention, le « permis blanc » (aménagement pour conduire aux heures de travail) a été supprimé pour la grande majorité des infractions graves (alcool, stups, grands excès de vitesse). Il ne subsiste que pour certaines suspensions judiciaires très spécifiques, mais ne comptez pas dessus dans l’immédiat.









