Le moteur 1.6 hybride 225 ch qui équipe les Peugeot 3008, 508 et Citroën C5 Aircross hybrides rechargeables n’a rien à voir avec le 1.2 PureTech pointé du doigt pour ses problèmes de distribution : sa partie thermique repose sur le 1.6 PureTech, entraîné par une chaîne de distribution robuste et non par la courroie immergée dans l’huile du petit 3 cylindres. Ce bloc essence, dérivé d’une famille éprouvée depuis plus d’une décennie sur la RCZ ou la 308 GTi, est globalement considéré comme fiable en version thermique. La partie hybride reste en revanche plus récente, commercialisée depuis 2019-2020, ce qui limite le recul sur la durée de vie de la batterie haute tension et de la boîte e-EAT8 au-delà de 150 000 à 200 000 kilomètres. À ce jour, aucune panne récurrente majeure n’est signalée, mais un entretien rigoureux de la partie thermique reste déterminant pour préserver cette fiabilité.
Infos à retenir
- ⛓️ La distribution par chaîne éprouvée : le bloc 4 cylindres 1.6 EP6 n’utilise aucune courroie humide et écarte les risques de casse du 1.2 PureTech.
- 🔌 Le talon d’Achille du chargeur embarqué (OBC) : des défaillances du chargeur interne 7,4 kW ont conduit à de nombreux remplacements sous garantie.
- 🛢️ Le phénomène de dilution d’essence dans l’huile : les cycles thermiques courts imposent de vidanger impérativement tous les ans avec de la 0W20 homologuée.
- 🔋 Une garantie constructeur de 8 ans sur la batterie : le pack de 13,2 kWh est couvert pour 160 000 km avec maintien d’au moins 70 % de capacité.
Quelle est l’architecture technique du groupe motopropulseur hybride 225 ?
Pour dissiper immédiatement une angoisse récurrente chez les acheteurs, cette motorisation n’a strictement rien de commun avec le décrié moteur 1.2 PureTech à courroie immergée.
Le système hybride 225 repose sur une base mécanique issue d’une longue lignée de blocs 4 cylindres fiabilisés :
- Le moteur thermique 1.6 PureTech (code interne EP6FADTX) de 1 598 cm³ développe 180 chevaux (133 kW). Sa distribution est assurée par une chaîne métallique classique en acier robuste et son injection directe utilise une rampe à 200 bars.
- Le moteur électrique synchrone à aimants permanents délivre 81 kW (110 ch) et 320 Nm de couple. Il est intégré directement dans le carter de la boîte de vitesses automatique électrifiée à 8 rapports (e-EAT8 conçue avec Aisin Warner), remplaçant le convertisseur de couple hydraulique par un embrayage multidisque humide.
- Le pack de batterie haute tension lithium-ion dispose d’une capacité brute de 13,2 kWh (environ 10,4 kWh utiles), fonctionnant sous une tension d’environ 300 volts et logé sous la banquette arrière sans encombrer le plancher du coffre.
Contrairement à la version Hybrid4 de 300 ch qui ajoute un second moteur électrique sur l’essieu arrière pour créer une transmission intégrale 4×4, l’hybride 225 est une pure traction avant : toute la puissance transite exclusivement par les deux roues avant.
L’avis d’un expert automobile indépendant
« Sur le plan mécanique pur, le 1.6 hybride 225 est un bloc très bien né. Les pistons, les bielles, le turbo et la chaîne tiennent sans histoire jusqu’à des kilométrages élevés. En revanche, comme tous les hybrides rechargeables de première génération, la complexité se loge dans l’électronique de puissance : les relais de charge, le boîtier OBC et les stratégies de refroidissement de la batterie. »

Quels sont les problèmes et pannes récurrents documentés sur l’hybride 225 ?
L’expérience cumulée depuis les lancements de 2019 et 2020 permet de recenser avec précision les défaillances relevées en concession.
Le tableau ci-dessous confronte les organes mécaniques et électroniques du système, les pannes constatées et leur traitement d’atelier :
| Organe du système hybride 225 | Manifestation de la panne ou du défaut | Solution d’atelier et niveau de gravité |
|---|---|---|
| Chargeur embarqué interne 7,4 kW (Boîtier OBC) | La trappe clignote en rouge à la connexion ; la charge sur borne publique ou Wallbox échoue. | 🥇 Remplacement complet du chargeur OBC (pièce prise en charge sous garantie ou rappel officiel). |
| Dilution de carburant dans l’huile moteur | Mode 100 % électrique indisponible (« conditions non réunies ») ; odeur d’essence sur la jauge. | Bénin mais contraignant : rouler 40 km sur autoroute pour évaporer le carburant ou vidanger l’huile. |
| Batterie de servitude 12 V déchargée | Le véhicule refuse de démarrer (tableau de bord noir) alors que la grosse batterie est à 100 %. | Remplacer la petite batterie 12 V du compartiment moteur qui alimente les calculateurs de veille. |
| Rappels pour risques de corrosion du bac batterie | Campagne de rappel constructeur (code JZR / KCL) pour contrôler l’étanchéité du pack. | Contrôle en atelier, perçage de trous d’évacuation d’eau ou remplacement du carter sous garantie. |
Le bug du mode électrique temporairement indisponible est le motif numéro un de réclamation des conducteurs : ce n’est pas une panne matérielle, mais une procédure de sauvegarde automatique du moteur essence ordonnée par le calculateur pour protéger le lubrifiant.
Comment se comporte la boîte de vitesses électrifiée e-EAT8 à l’usage ?
La transmission automatique e-EAT8 est le chef d’orchestre qui assure la transition transparente entre la traction électrique et le moteur à explosion :
- En conduite normale, le passage entre l’électrique et le thermique est quasi imperceptible pour les passagers, sans à-coups d’embrayage grâce à la gestion fine de l’embrayage multidisque humide.
- La boîte dispose d’une position « B » (Brake) sur le sélecteur qui accentue le frein moteur régénératif au lâcher d’accélérateur pour récupérer un maximum de kilowattheures dans les descentes.
- À froid ou lors de fortes décélérations d’urgence, certains conducteurs relèvent de légers hésitations ou de petits bruits de crabotage lors du rétrogradage entre la 3e et la 2e vitesse, résolus par une mise à jour du logiciel de boîte en concession.
La boîte e-EAT8 s’avère infiniment plus robuste que les boîtes à double embrayage concurrentes grâce à son bain d’huile et à la douceur naturelle de son moteur électrique synchrone.
Quel entretien méticuleux faut-il apporter pour préserver le système hybride ?
L’hybride rechargeable ne supporte aucune négligence en matière de calendrier d’atelier et de qualité des fluides :
Réalisez impérativement la vidange moteur tous les 12 mois ou tous les 15 000 kilomètres au maximum, sans jamais prolonger jusqu’aux 30 000 km théoriques. Utilisez exclusivement l’huile homologuée constructeur 0W20 répondant à la norme Stellantis FPW9.55535/03 : sa formulation spécifique résiste au cisaillement et à la dilution par l’essence imbrûlée lors des démarrages brutaux sur voie rapide. Ne laissez jamais la voiture stationnée plus d’un mois avec une batterie vide à 0 %, ce qui accélère la dégradation chimique des cellules lithium-ion. Enfin, faites vérifier le niveau du liquide de refroidissement du circuit basse température (dédié au pack batterie et aux onduleurs) à chaque révision annuelle pour éviter toute surchauffe estivale de la chaîne haute tension.
Foire Aux Questions (FAQ)
⚡ Quelle est l’autonomie réelle en mode 100 % électrique de l’hybride 225 ?
Alors que la norme d’homologation WLTP annonce entre 55 et 60 kilomètres d’autonomie zéro émission, la réalité du terrain dépend fortement de la saison. En été sur parcours périurbain, vous parcourrez entre 40 et 48 kilomètres réels. En plein hiver avec le chauffage et les basses températures, cette autonomie chute naturellement entre 28 et 35 kilomètres par charge complète.
⛽ Que consomme le moteur 1.6 hybride 225 une fois la batterie vide ?
Sur les longs trajets d’autoroute lorsque la batterie de traction est à son seuil minimal de réserve (environ 15 à 20 %), la voiture fonctionne comme un hybride simple et doit tracter ses 1 800 kg. La consommation moyenne s’établit alors entre 6,8 et 7,6 litres aux 100 km, ce qui reste très modéré pour un véhicule spacieux développant 225 chevaux de puissance cumulée.
🔋 Que couvre exactement la garantie constructeur de la batterie de 13,2 kWh ?
Le groupe Stellantis applique la garantie légale européenne standard sur ses accumulateurs de traction : le pack de batterie lithium-ion est garanti pendant une durée de 8 ans ou 160 000 kilomètres au premier des deux termes atteint. La garantie couvre le remplacement sans frais des modules de cellules si la capacité de stockage utile passe sous la barre des 70 % de la valeur initiale certifiée lors d’un diagnostic d’état de santé (test SoH).









